Prénoms et préjugés : Quand un simple nom devient un obstacle
Vous vous êtes déjà demandé si votre prénom pouvait influencer la façon dont on vous perçoit ? Sans même vous connaître, certaines personnes vous considèrent “indigne de confiance“, ou « turbulent »… juste en lisant votre nom.
Ce n’est pas de la science-fiction : c’est ce qu’on appelle un biais inconscient.

Le biais inconscient agit comme un filtre invisible et involontaire. Il se forme à partir de notre éducation, notre culture, nos expériences et malheureusement aussi à partir de stéréotypes courants. Il entraine un jugement automatique qui influence notre perception des choses et personnes.
Et nous en avons tous, même les personne bien intentionnées peuvent en être influencées.
Il existe plusieurs types de biais inconscients. Certains sont relativement inoffensifs. Voyons quelques exemples :
– Le biais de confirmation c’est à dire que l’on retient les infos qui confirment ce qu’on pense déjà en oubliant tous les contre-exemples. (Tu penses qu’un cours est ennuyeux. Du coup, à la moindre phrase longue ou complexe du prof, tu te dis : « Tu vois ? C’est toujours chiant. »).
– Le biais d’affinité: on a tendance à préférer les personnes qui nous ressemblent (même origine, âge, école, goûts…).
Il y’a donc des biais inoffensifs mais la plupart mènent à des discriminations réelles et des injustices profondes. Parmi eux figure le biais lié aux prénoms.

Les prénoms sont révélateurs d’origines, de cultures et d’histoires, ils devraient être une fierté pour chacun d’entre nous, mais certains deviennent trop souvent un fardeau. Des prénoms à consonance « maghrébine » ou « africaine- subsaharienne » tels que Mohamed, Youssef, Fatou, Aminata, etc, sont automatiquement rangés dans des cases rarement valorisantes. Résultat: lors de démarches administratives, recherches d’emplois ou de logement, ces personnes font souvent face à des refus sans même avoir été considérées pour leurs compétences. Le prénom devient alors un filtre injuste, qui empêche de voir l’humain derrière les lettres.
Des études ont mis en lumière ce mécanisme notamment au sein du travail. À chaque expériences il est question de soumettre plusieurs CV quasi identiques avec des noms différents pour voir ce qu’il en ressort, et les résultats sont sans appel.
- 18 % des candidats d’origine maghrébine obtiennent un entretien pour un poste de cadre administratif, contre 25 % de ceux au nom à consonance française
- Pour un emploi d’aide-soignante, les chiffres sont respectivement de 37 % et 45 %
(Source: Testings par le CNRS (Desperado / DGAFP))
- Les “musulmans perçus” devraient envoyer 4x plus de CV que les autres pour espérer obtenir une réponse d’entretien
- Contre 18% pour les “Michel” ce ne sont que 4,7% de “Mohammed” qui sont convoqués pour la suite
(Source: Études de l’Institut Montaigne (Valfort, 2015))
Ce type de biais crée une société injuste, les individus ne sont pas jugés sur leurs compétences ou leur personnalité mais sur ce que leur nom évoque. Ils subissent les stéréotypes de notre société et certains finissent par adapter leurs ambitions, changer de prénom ou d’aspirations, simplement pour « rentrer dans les cases ».. Nos prénoms font partie de notre identité. Les juger, c’est juger une personne avant même de lui laisser une chance. Apprendre à reconnaître nos biais, c’est la première étape vers une société plus juste et plus lucide. Essayons de voir nos différences comme une richesse. Mettons nous à la place des autres et changeons ce que l’on peut changer.
Divrsitee propose différents parcours immersifs conçus pour se mettre à la place des autres, pour ressentir, comprendre et surtout prendre conscience de ce que vivent celles et ceux qui sont jugés, mis de côté ou discriminés. Grâce à la réalité virtuelle, ces expériences permettent d’incarner une autre réalité, d’ouvrir les yeux sur ce que l’on ne voit pas toujours au premier regard

Essayez nos différents parcours.
Aidez nous à changer les mentalités.
L’Équipe Divrsitee

